En bref
- Le kiwi est une plante dioïque nécessitant un pied mâle pour 3 à 6 pieds femelles
- La plantation s’effectue idéalement en automne ou au printemps selon les régions
- Un sol riche, bien drainé et non calcaire favorise le développement optimal
- Les premiers fruits apparaissent après 3 à 5 ans de culture
- Un support solide résiste à la vigueur de cette liane pouvant atteindre 6 mètres
Choisir les variétés d’actinidia adaptées
Les actinidias offrent plusieurs espèces aux caractéristiques distinctes. L’actinidia deliciosa produit le kiwi classique à peau duveteuse et chair verte, tandis que l’actinidia chinensis donne des fruits à chair dorée. Le kiwai ou actinidia arguta se distingue par sa rusticité exceptionnelle, supportant des températures jusqu’à -25°C.
Le kiwai produit des fruits de taille plus réduite mais à la peau lisse et comestible. Cette variété convient particulièrement aux régions aux hivers rigoureux. Les variétés autofertiles existent mais offrent généralement une production moindre que les plants mâles et femelles séparés.
Il faut prévoir un pied mâle pour polliniser plusieurs pieds femelles, la distance de fécondation pouvant atteindre 50 mètres. Les fleurs mâles se reconnaissent à leurs étamines chargées de pollen jaunâtre, tandis que les fleurs femelles présentent des stigmates bien visibles au centre.
Préparer l’emplacement et le sol
L’emplacement détermine la réussite de la culture du kiwi. Il est conseillé de choisir une exposition sud ou sud-ouest, abritée des vents dominants qui peuvent endommager les jeunes pousses. La mi-ombre convient également dans les régions aux étés très chauds.
Le sol idéal pour le kiwi présente un pH légèrement acide, entre 5,5 et 6,5. Les sols calcaires nuisent au développement et provoquent des carences en fer. Dans ce cas, il faut creuser un trou important de 300 litres et le remplir avec un mélange acidifiant composé de terre de bruyère et de broyat végétal.
Le drainage revêt une importance capitale car les racines superficielles du kiwi redoutent l’humidité stagnante. L’incorporation de sable ou de gravier améliore la structure des sols lourds. Un apport généreux de compost ou de fumier bien décomposé enrichit la terre avant la plantation.
Installer le support de culture
Le support conditionne le bon développement de cette liane vigoureuse. Il est préférable d’installer une structure robuste capable de supporter plusieurs dizaines de kilos de végétation et de fruits. Les pergolas, tonnelles ou treillis métalliques constituent des solutions durables.
Un mur exposé au sud avec des fils de fer tendus horizontalement permet également de palisser les actinidias. L’espacement entre les fils atteint 40 à 50 centimètres pour faciliter l’attache des rameaux. La hauteur du support varie entre 2 et 3 mètres selon l’espace disponible.
Il faut prévoir l’installation du support avant la plantation pour éviter d’endommager les racines. Les poteaux métalliques scellés dans le béton garantissent une stabilité optimale face à la vigueur de ces plantes grimpantes.
Techniques de plantation du kiwi
La période de plantation varie selon les régions climatiques. L’automne convient aux zones aux hivers doux, permettant l’enracinement pendant la saison froide. Dans le nord de la France, la plantation du pied de kiwi s’effectue au printemps pour éviter les gelées sévères.
Le trou de plantation mesure 50 centimètres de profondeur et de largeur, soit deux fois la taille de la motte. Il est important de décompacter le fond et les parois pour faciliter l’expansion racinaire. L’incorporation de compost ou de fumier décomposé au fond nourrit la plante durant ses premières années.
L’espacement entre les pieds atteint 3 à 6 mètres selon la vigueur de la variété. Les jeunes plants se positionnent à 30 centimètres du support pour permettre la circulation d’air. Après plantation, un arrosage abondant tasse la terre et élimine les poches d’air nuisibles aux racines.
Soins post-plantation
Le paillage protège les racines superficielles du froid et conserve l’humidité du sol. Une couche de 15 centimètres de paille, de BRF ou de paillettes de lin s’étale autour du pied. Les écorces de pin acidifient naturellement le sol, bénéfique pour corriger un terrain trop calcaire.
Un voile d’hivernage préserve les parties aériennes des gelées tardives particulièrement redoutées par les jeunes pousses. Cette protection s’avère indispensable durant les deux premières années de culture.
Entretien et fertilisation des actinidias
L’arrosage régulier maintient le sol frais sans excès d’humidité. Il faut prévoir 5 litres d’eau par plant et par semaine d’avril à octobre en l’absence de pluies suffisantes. Le système racinaire superficiel réagit rapidement au stress hydrique.
La fertilisation soutient la croissance vigoureuse de ces lianes gourmandes. Des apports de fiente de poule s’effectuent en quatre fois : mi-janvier, mi-avril, mi-mai et mi-juin. L’urine diluée à 10% dans l’eau d’arrosage constitue un engrais azoté naturel efficace.
Au printemps, un engrais riche en azote comme la corne broyée stimule le démarrage végétatif. En automne, l’enfouissement superficiel de compost prépare la saison suivante. Il est conseillé d’éviter les engrais chimiques qui peuvent déséquilibrer la vie du sol.
Taille et conduite des kiwis
La taille du kiwi s’avère indispensable pour maîtriser la vigueur et favoriser la fructification. La taille d’hiver s’effectue en janvier-février, hors période de gel. Il faut supprimer 50% du bois fructifère de l’année précédente et éliminer le bois mort.
La taille d’été, réalisée fin juin ou en juillet, raccourcit les tiges et limite le nombre de grappes pour éviter l’épuisement de la plante. Cette intervention favorise le grossissement des fruits restants. Tous les 3 à 5 ans, la suppression des grosses branches charpentières rajeunit la plante.
Le palissage des rameaux s’effectue sans serrage excessif pour ne pas entraver la circulation de sève. Les liens en raphia ou en caoutchouc s’adaptent à la croissance des branches. Il est préférable d’étaler les rameaux horizontalement pour favoriser la mise à fruit.
Protection contre les maladies et ravageurs
Les actinidias résistent naturellement à la plupart des maladies cryptogamiques. La botrytis ou pourriture grise peut affecter les fruits en conditions humides. Une bonne circulation d’air et l’évitement de l’arrosage sur le feuillage préviennent cette maladie.
La drosophile suzukii constitue le principal ravageur depuis 2009. Cette mouche pond ses œufs dans les fruits mûrs, compromettant la récolte. L’installation de filets anti-insectes protège efficacement les grappes. Des pièges à base de vinaigre de cidre, vin rouge et liquide vaisselle capturent les adultes.
La chlorose ferrique se manifeste par le jaunissement des feuilles sur sols calcaires. L’apport de chélate de fer ou l’acidification du sol avec des matières organiques corrige cette carence. Il faut prévoir des pulvérisations foliaires d’engrais ferrique en cas de symptômes aigus.
Récolte et conservation des kiwis
La récolte du kiwi s’étale d’octobre aux premières gelées selon les variétés. Les fruits se cueillent encore fermes et finissent leur maturation après récolte. Il est important de récolter avant les gelées qui endommagent irrémédiablement la chair.
Le kiwai se récolte lorsque les fruits commencent à ramollir sous la pression du doigt. Les grappes souvent cachées sous le feuillage nécessitent une recherche attentive. La coupe des rameaux porteurs facilite la cueillette de cette variété.
La conservation des kiwis atteint plusieurs mois dans un local frais et ventilé. Il faut éviter le stockage près des pommes qui accélèrent la maturation par leur production d’éthylène. Le kiwai se conserve quelques semaines seulement et se transforme souvent en confitures ou nectar.
Multiplication par bouturage
Le bouturage permet de reproduire fidèlement les variétés intéressantes. Il faut couper des tiges vertes de 25 centimètres avec trois feuilles au printemps. Seules les deux feuilles supérieures sont conservées et sectionnées à moitié pour limiter l’évaporation.
Le trempage dans l’hormone de bouturage favorise l’enracinement. Les boutures se plantent dans un mélange de terreau et sable, enfoncées au tiers de leur longueur. Une demi-bouteille plastique maintient l’humidité nécessaire à la reprise.
L’ombrage évite le dessèchement des jeunes boutures sensibles au soleil direct. Le retrait progressif de la protection s’effectue au bout d’un mois pour le bouchon, puis deux mois pour la bouteille complète.
FAQ
Combien de temps faut-il attendre avant la première récolte de kiwis ?
Les premiers fruits apparaissent généralement 3 à 5 ans après la plantation. La production devient régulière et abondante après 8 à 10 ans de culture. La patience reste nécessaire car cette liane investit d’abord dans son développement végétatif.
Comment reconnaître un pied mâle d’un pied femelle de kiwi ?
Les fleurs mâles présentent de nombreuses étamines chargées de pollen jaunâtre avec un seul style central. Les fleurs femelles montrent des étamines moins développées et des stigmates bien visibles disposés en étoile au centre de la fleur.
Le kiwi peut-il pousser en pot sur une terrasse ?
Le kiwai ou actinidia arguta convient mieux à la culture en pot grâce à sa vigueur moindre. Il faut prévoir un contenant d’au moins 100 litres avec un drainage efficace. L’arrosage et la fertilisation demandent une attention particulière en pot.
Quelle exposition choisir pour planter des kiwis ?
Une exposition sud ou sud-ouest abritée des vents dominants convient parfaitement. La mi-ombre est acceptable dans les régions aux étés très chauds. Il faut éviter les expositions nord et les courants d’air froids qui retardent la maturation.