En bref
- La palmette verrier constitue la forme la plus répandue avec quatre branches disposées en éventail
- Les palmettes en U simple ou double permettent un meilleur équilibre de la sève
- Cette technique convient particulièrement aux pommiers et aux poiriers greffés sur porte-greffe faible
- Les étages de la palmette oblique doivent être espacés pour éviter l’ombrage mutuel
Les différents types de palmettes pour arbres fruitiers
La palmette oblique représente la forme la plus simple à réaliser. Le scion principal est incliné à un angle de 30 à 60 degrés, généralement 45 degrés, le long du support. Cette inclinaison favorise la formation de rameaux fructifères sur toute la longueur de la branche principale.
Les étages de la palmette oblique nécessitent une attention particulière lors de la formation. Chaque niveau doit être espacé d’au moins 40 centimètres pour permettre à la lumière d’atteindre les branches inférieures. Cette disposition évite la concurrence entre les différents étages et garantit une fructification homogène sur l’ensemble de l’arbre fruitier.
La palmette en U simple se compose d’une branche centrale verticale et de deux branches latérales conduites en fourche. Cette configuration facilite la circulation de la sève et permet un développement équilibré des deux côtés de l’arbre. La distance de plantation entre deux palmettes en U simple varie de 1,5 à 2 mètres.
La palmette en U double reprend le principe de la forme simple mais ajoute un second étage de branches en fourche. Cette architecture plus complexe demande 6 à 7 ans de formation mais offre une production fruitière supérieure. L’espacement entre les arbres doit alors atteindre 4 mètres pour permettre le plein développement de chaque palmette.
La palmette verrier : une forme classique et productive
La palmette verrier des branches se caractérise par quatre branches charpentières disposées en éventail à partir d’un tronc central court. Cette forme tire son nom de sa ressemblance avec les structures métalliques des verrières. Les branches sont conduites selon des angles précis : deux branches à 45 degrés et deux autres à 30 degrés par rapport à la verticale.
Cette configuration présente l’avantage d’une mise à fruit rapide grâce à la taille trigemme appliquée lors de la formation. Cependant, les branches supérieures de la palmette verrier tendent à être plus vigoureuses que les inférieures, nécessitant une taille d’équilibrage régulière pour maintenir l’harmonie de l’ensemble.
Le coût d’acquisition des palmettes verrier varie selon l’âge et la qualité de la formation. Les prix s’échelonnent généralement de 45 à 500 euros pour des arbres de 3 à 15 ans. Les pommiers et poiriers en palmette verrier atteignent leur pleine production vers la cinquième année après la plantation.
La palmette diable : une conduite naturelle et rustique
La palmette diable, également appelée « palmette à la diable », se distingue par sa conduite moins rigide que les autres formes palissées. Cette technique consiste à laisser les branches se développer naturellement le long du mur tout en les guidant pour maintenir une forme globalement plane.
Cette approche convient particulièrement aux jardiniers débutants car elle tolère mieux les erreurs de taille. Les fruitiers conduits en palmette diable conservent un aspect plus naturel tout en bénéficiant des avantages de l’espalier : exposition optimale au soleil, facilité de récolte et protection contre les vents forts.
La formation d’une palmette diable demande moins de temps que les formes géométriques strictes. Trois à quatre années suffisent généralement pour obtenir une structure satisfaisante, contre six à sept ans pour une palmette verrier parfaitement formée.
Plantation et conduite des palmettes au jardin
Le choix du porte-greffe conditionne la réussite des palmettes. Pour les pommiers, le porte-greffe M9 s’impose comme la référence grâce à sa faible vigueur et sa mise à fruit précoce. Ce porte-greffe nécessite un tuteurage permanent mais produit des fruits de qualité supérieure dès la troisième année.
L’exposition plein sud contre un mur constitue l’emplacement idéal pour installer des palmettes. Le mur emmagasine la chaleur durant la journée et la restitue la nuit, créant un microclimat favorable à la maturation des fruits. Cette protection thermique permet même de cultiver des variétés légèrement frileuses dans les régions aux hivers rigoureux.
La plantation s’effectue de préférence en automne ou en fin d’hiver, hors période de gel. Les arbres doivent être installés à 30 centimètres du mur pour laisser l’espace nécessaire au développement du système racinaire. Un système de fils galvanisés tendus horizontalement tous les 50 centimètres facilite le palissage des branches.
Variétés adaptées aux formes en palmettes
Les pommiers se prêtent particulièrement bien à la conduite en palmettes. Les variétés Reine des Reinettes, Golden Delicious, et Reinette Grise du Canada figurent parmi les plus adaptées. Ces cultivars allient rusticité, productivité et qualité gustative, tout en supportant bien les contraintes de la taille répétée.
Les poiriers Williams Bon Chrétien, Doyenné du Comice et Conférence donnent d’excellents résultats en palmettes. Ces variétés bénéficient particulièrement de la protection du mur qui favorise la maturation de leurs fruits souvent sensibles aux variations climatiques.
Certains fruits à noyau comme les pêchers, abricotiers et pruniers peuvent également être conduits en palmettes, bien que cette pratique reste moins courante. Ces espèces nécessitent une exposition très ensoleillée et une protection contre les gelées tardives qui peuvent compromettre la floraison précoce.
Entretien et taille des palmettes
La taille de formation constitue l’étape cruciale des premières années. Elle vise à établir la charpente définitive en sélectionnant les branches principales et en supprimant les pousses mal orientées. Cette intervention s’effectue en fin d’hiver, avant le débourrement, pour éviter les écoulements de sève.
La taille de fructification prend le relais une fois la forme établie. Elle consiste à raccourcir les rameaux latéraux à trois yeux pour favoriser la formation de coursonnes fructifères. Cette taille trigemme, pratiquée chaque année en août, maintient l’équilibre entre croissance et production.
L’entretien sanitaire complète ces interventions par l’élimination du bois mort, malade ou mal placé. Les traitements préventifs à la bouillie bordelaise en automne et au soufre au printemps limitent les risques de maladies cryptogamiques comme la tavelure ou la moniliose.
Avantages et contraintes des palmettes
Les palmettes offrent de nombreux avantages pour les petits jardins. Elles permettent de cultiver plusieurs variétés d’arbres fruitiers sur une surface réduite tout en créant un élément décoratif structurant. La facilité de récolte et l’amélioration de la qualité des fruits grâce à une meilleure exposition constituent des atouts supplémentaires.
La durée de vie plus courte des arbres palissés, environ 30 ans contre 50 à 80 ans pour un arbre de plein vent, représente le principal inconvénient. L’entretien régulier et la surveillance constante de la forme demandent également un investissement en temps non négligeable.
Le coût initial plus élevé peut freiner certains jardiniers. Une palmette formée coûte généralement trois à cinq fois plus cher qu’un scion libre, mais cette différence s’amortit rapidement grâce à la mise à fruit précoce et à la productivité élevée au mètre carré.
FAQ
Quelle distance respecter entre deux palmettes ?
La distance varie selon la forme choisie : 1,5 à 2 mètres pour les palmettes en U simple, 4 mètres pour les palmettes verrier ou double U. Cette espacement permet le développement complet de chaque arbre sans concurrence.
Combien de temps faut-il pour former une palmette ?
Une palmette simple demande 3 à 4 ans de formation, tandis que les formes complexes comme la palmette verrier nécessitent 6 à 7 ans. Les formes les plus élaborées peuvent exiger jusqu’à 15 ans de travail patient.
Peut-on cultiver des palmettes en pot ?
La culture en grand bac reste possible pour les formes simples, à condition d’utiliser un conteneur d’au moins 50 litres et de prévoir un arrosage régulier. Le porte-greffe nanifiant devient alors indispensable pour limiter le développement racinaire.
Quelles maladies menacent les palmettes ?
La tavelure, la moniliose et l’oïdium constituent les principales menaces. La meilleure circulation d’air autour des palmettes réduit naturellement ces risques par rapport aux arbres de plein vent aux branches enchevêtrées.