En bref
- La greffe en écusson se pratique de juillet à septembre et convient aux débutants
- Le prunier sauvage constitue un porte-greffe rustique adapté aux sols difficiles
- La greffe anglaise compliquée offre un taux de réussite proche de 99 %
- Un greffoir bien affûté et du mastic de protection restent indispensables
Pourquoi greffer un prunier ?
Le greffage des arbres fruitiers répond à plusieurs objectifs précis. La multiplication par semis produit des fruits aux caractéristiques aléatoires à cause de la pollinisation croisée naturelle. Une greffe sur prunier permet de conserver exactement les qualités gustatives et la productivité d’une variété sélectionnée.
Le choix du porte-greffe améliore la résistance aux maladies et l’adaptation au sol. Un prunier greffé sur Myrobolan développe une vigueur importante, tandis qu’un greffage sur Saint-Julien produit un arbre de taille modérée. La greffe d’arbre permet aussi de créer des arbres multi-variétés portant plusieurs types de fruits à noyau.
Les variétés de prunier greffées entrent en production plus rapidement qu’un arbre franc issu de semis. La fructification débute généralement dès la troisième année après plantation, contre cinq à sept ans pour un prunier non greffé.
Quand greffer un prunier ?
La période de greffage varie selon la technique choisie. La greffe écusson se réalise en été, de fin juillet à début septembre, lorsque l’écorce se décolle facilement de l’aubier. Cette méthode tire parti de la sève descendante pour favoriser la cicatrisation.
Les greffes de printemps s’effectuent de mars à avril, avant la reprise de végétation. La greffe anglaise, la greffe en fente et la greffe en incrustation bénéficient de la montée de sève pour assurer la reprise du greffon.
Certaines techniques comme la greffe en incrustation se pratiquent aussi en septembre, pendant la période de sève descendante. Cette flexibilité permet d’adapter le calendrier de greffage aux contraintes du jardinier.
Techniques de greffe du prunier
La greffe en écusson
La greffe écusson constitue la méthode la plus accessible pour débuter. Cette technique consiste à prélever un bourgeon entouré d’un morceau d’écorce sur la variété à reproduire. Le greffon s’insère dans une entaille en forme de T pratiquée sur le porte-greffe.
La réussite de la greffe écusson se vérifie après deux semaines par la chute naturelle du pétiole. Un pétiole qui reste attaché indique généralement un échec du greffage. Cette méthode laisse peu de cicatrices et perturbe minimalement le porte-greffe.
La greffe anglaise
La greffe anglaise s’applique lorsque le porte-greffe et le greffon présentent un diamètre similaire. La technique simple consiste à tailler en biseau les deux éléments avant de les assembler. La greffe anglaise compliquée ajoute une entaille sur chaque biseau pour améliorer l’accrochage.
Cette méthode offre un excellent taux de réussite grâce au contact optimal entre les cambiums. La cicatrisation rapide et discrète convient particulièrement aux jeunes pousses de faible diamètre.
La greffe en fente
La greffe en fente permet de greffer plusieurs variétés sur une même branche de 3 à 8 cm de diamètre. Une entaille verticale accueille le greffon taillé en coin. Cette technique convient aux porte-greffes vigoureux et aux rénovations d’arbres existants.
Les greffes de prunier en fente nécessitent une protection soignée avec du mastic pour éviter les infiltrations d’eau. La reprise se manifeste par le débourrement des bourgeons au printemps suivant.
La greffe en incrustation
Moins mutilante que la greffe en fente, la greffe en incrustation crée une entaille triangulaire peu profonde sur le porte-greffe. Le greffon taillé en biseau s’insère dans cette encoche. Cette méthode demande plus de précision mais préserve mieux l’intégrité du porte-greffe.
Choix du porte-greffe pour prunier
Le prunier se greffe exclusivement sur des espèces de la famille Prunus. Le prunier sauvage constitue un porte-greffe rustique particulièrement adapté aux sols difficiles. Sa résistance naturelle aux maladies, à la sécheresse et au gel en fait un choix privilégié pour les conditions difficiles.
Le Myrobolan développe une vigueur importante et convient aux grands jardins. Le Saint-Julien produit des arbres de taille moyenne adaptés aux espaces restreints. Un noyau de prune peut aussi servir de porte-greffe franc pour obtenir un arbre de haute-tige très vigoureux.
Les pruniers francs s’adaptent aux sols profonds et peu calcaires. Ils transmettent leur rusticité aux greffons et permettent une fructification abondante une fois la maturité atteinte.
Compatibilités de greffage
Le prunier sauvage accepte tous les fruits à noyau de la famille Prunus. Les abricots greffés sur prunier gagnent en résistance au gel printanier et fructifient plus précocement. Les pêchers développent des fruits plus gros et une meilleure résistance aux maladies cryptogamiques.
Certaines variétés de cerises comme le cerisier feutré ou le cerisier nanking se greffent avec succès sur prunier. Ces associations produisent des arbres compacts adaptés aux petits jardins et à la culture en contenants.
Les greffes multiples permettent de créer un arbre-verger miniature portant plusieurs espèces. Cette technique nécessite de répartir les variétés selon leur vigueur naturelle pour maintenir l’équilibre de l’arbre.
Matériel et préparation
Un greffoir bien affûté constitue l’outil principal pour réussir des greffes de prunier. La netteté de la coupe favorise la cicatrisation et limite les risques d’infection. Un sécateur de qualité complète l’équipement pour préparer les greffons.
Le mastic à greffer protège les plaies contre les infiltrations d’eau et les champignons. Les produits à base de résines naturelles comme le Lac Balsam restent souples plusieurs mois. Le Phytopast, émulsion de résines synthétiques, offre une protection durable contre les intempéries.
Le ruban adhésif souple remplace avantageusement le raphia traditionnel pour la ligature. Cette solution moderne maintient une pression constante sans risquer de blesser l’écorce lors de la croissance.
Conservation des greffons
Les greffons se prélèvent sur des rameaux de l’année bien aoûtés. Pour les greffes de printemps, la récolte s’effectue en automne après la chute des feuilles. Les rameaux se conservent dans du sable humide au frais, à l’abri des écarts de température.
La greffe directe évite les contraintes de conservation. Cette méthode consiste à prélever et greffer immédiatement les rameaux sur l’arbre. Elle se pratique de février jusqu’à la floraison et offre un excellent taux de réussite.
Soins après greffage
La greffe du prunier nécessite une surveillance attentive les premières semaines. Il faut éviter de toucher la zone greffée pendant deux à trois semaines pour ne pas perturber la cicatrisation. Une protection contre les lapins et les chocs mécaniques préserve le jeune greffon.
Les rejets sauvages qui apparaissent à la base du porte-greffe doivent être supprimés régulièrement. Ces gourmands épuisent l’arbre et compromettent le développement du greffon. La greffe en couronne demande une attention particulière à ce niveau.
La reprise se manifeste généralement au printemps suivant par le débourrement des bourgeons. La patience reste indispensable car les résultats ne sont jamais garantis à 100 %, quelle que soit la technique employée.
Erreurs à éviter
Le greffage d’espèces incompatibles constitue l’erreur la plus fréquente. Un prunier ne peut pas être greffé sur un cerisier, ni sur des arbres à pépins comme les pommiers et poiriers. La compatibilité se limite aux espèces du genre Prunus.
Un greffoir mal affûté compromet la qualité de la coupe et réduit les chances de réussite. Les surfaces de contact irrégulières empêchent l’accolement correct des cambiums, zone de croissance cellulaire sous l’écorce.
La négligence de l’étanchéité expose la greffe aux infiltrations d’eau et aux infections fongiques. Un mastic de qualité et une ligature soignée protègent efficacement la zone de greffage.
FAQ
Peut-on greffer un prunier sur un cerisier ?
Non, cette greffe reste impossible malgré l’appartenance des deux espèces à la famille Prunus. Le cerisier et le prunier présentent une incompatibilité génétique qui empêche la soudure des tissus.
Combien de temps faut-il attendre pour voir les premiers fruits ?
Un prunier greffé produit généralement ses premiers fruits dès la troisième année après plantation. Cette précocité constitue un avantage majeur par rapport aux arbres francs issus de semis.
Quelle est la meilleure période pour débuter dans la greffe ?
La greffe écusson de juillet à septembre offre les meilleures conditions d’apprentissage. Cette technique simple permet d’acquérir les gestes de base avant d’aborder des méthodes plus complexes comme la greffe du pommier.