En bref
- Le greffage en fente se réalise de février à mars, période où la sève circule modérément
- Le surgreffage permet de changer l’encépagement sans arracher les pieds existants
- Les techniques du chip bud et du T-bud s’effectuent au printemps et en été
- Le regreffage régénère les vignes atteintes par les maladies du bois
Les différentes techniques de greffage de la vigne
Plusieurs méthodes de greffage s’adaptent aux besoins spécifiques du viticulteur. La greffe en fente représente la technique la plus courante pour les débutants. Cette méthode consiste à fendre verticalement le porte-greffe et à y insérer les greffons préalablement taillés en biseau. Il est préférable de réaliser cette opération en fin d’hiver ou au début du printemps.
La greffe à l’anglaise offre une alternative intéressante pour les porte-greffes de petit diamètre. Cette technique nécessite une coupe oblique sur le greffon et le porte-greffe, créant une surface de contact plus importante. La réalisation d’une greffe à l’anglaise demande une certaine précision dans l’exécution des coupes.
Le greffage par chip bud se pratique avec un bourgeon prélevé sur un sarment aoûté. Cette méthode permet de greffer la vigne au moment de la montée de sève, généralement en mars. Le T-bud, variante du greffage au bourgeon, s’effectue pendant la floraison vers juin.
Le surgreffage : changer de cépage sans replanter
Le surgreffage de la vigne présente des avantages économiques considérables. Cette technique permet de modifier l’encépagement d’un vignoble en une seule année, sans arracher ni replanter les pieds existants. Le viticulteur conserve ainsi le palissage et le système racinaire établi.
Les travaux de préparation du surgreffage nécessitent une planification rigoureuse. Il faut prévoir la sélection des sarments porte-greffons en automne, leur conservation en fagots à l’abri du froid et de la lumière. La préparation de la vigne comprend la taille, l’écorçage et le désherbage mécanique.
Le coût du surgreffage varie de 1,35 à 2,05 euros par pied en prestation. Cette solution reste moins onéreuse qu’un arrachage-replantation complet. L’obtention de greffons de qualité conditionne la réussite de l’opération.
Le regreffage pour régénérer les vignes malades
Le regreffage en fente offre une solution curative pour les pieds atteints par les maladies du bois. Cette technique consiste à greffer sous le point de soudure originel, sur la partie saine du porte-greffe. Le regreffage permet de conserver le système racinaire tout en éliminant la partie aérienne malade.
La période idéale pour le regreffage se situe en fin avril ou début mai. À ce moment, la sève circule sans être trop active, favorisant la reprise des greffons. Il est conseillé de repérer les pieds à traiter dès novembre et de récolter les greffons en février.
Les travaux d’entretien après regreffage demandent une surveillance attentive. Il faut protéger le nouveau pied avec un tuteur et un manchon rempli de terre ou de sable. La réussite d’une bouture de vigne suit des principes similaires de protection et d’entretien.
Matériel et préparation pour greffer la vigne
Le matériel nécessaire au greffage comprend des outils spécifiques et de qualité. Un greffoir bien aiguisé, une scie, un sécateur et un couteau fin d’un millimètre d’épaisseur constituent l’équipement de base. Le mastic cicatrisant et le raphia ou scotch de greffage complètent la panoplie.
La préparation des greffons nécessite une attention particulière. Il faut tremper les sarments dans l’eau pendant deux jours avant utilisation. La qualité du biseau conditionne la réussite de la soudure entre le greffon et le porte-greffe. La greffe en incrustation illustre l’importance de la précision dans la découpe.
La conservation du matériel végétal respecte des règles strictes. Les greffons se stockent en chambre froide à 3°C avec 95% d’humidité. Cette conservation préserve la viabilité des bourgeons jusqu’au moment du greffage.
Soins et entretien après greffage
Les soins post-greffage déterminent le taux de réussite de l’opération. Il faut éviter la déshydratation et l’infection du point de greffe. La protection contre la lumière directe et le contact avec l’air s’avère indispensable pendant les premières semaines.
L’entretien des vignes greffées comprend plusieurs interventions spécifiques. L’épamprage élimine les pousses indésirables, tandis que l’arrosage maintient une humidité suffisante. Il est important de surveiller l’apparition de maladies, notamment le mildiou qui peut affecter les jeunes pousses.
La surveillance phytosanitaire s’intensifie après les travaux de greffage. Les traitements préventifs à base de bouillie bordelaise ou de soufre protègent contre les principales maladies fongiques. Le greffage d’un prunier partage des techniques de protection similaires.
Choisir le bon porte-greffe selon le sol
Le choix du porte-greffe s’adapte aux caractéristiques du terroir. Le Fercal convient aux sols calcaires et secs grâce à sa résistance à la sécheresse. Le Gravesac s’adapte mieux aux terres plus humides, tandis que le Riparia Gloire de Montpellier prospère dans les sols frais et fertiles.
Le R110 trouve sa place dans les terrains sableux où ses qualités spécifiques s’expriment pleinement. Tous ces porte-greffes présentent une résistance au phylloxéra, condition indispensable pour la viticulture moderne. La compréhension de la greffe d’arbre aide à saisir les principes généraux de compatibilité.
La production de plants en pépinière suit des normes strictes garantissant l’identité génétique et l’état sanitaire. Les contrôles incluent des tests ELISA tous les dix ans et une surveillance annuelle des maladies comme la flavescence dorée.
FAQ
Quand faut-il greffer la vigne ?
La période de greffage s’étend de février à août selon la technique choisie. La greffe en fente se réalise en février-mars, le chip bud en mars ou août, et l’écusson vers juin pendant la floraison.
Quel est le taux de réussite du regreffage en fente ?
Le taux de réussite du regreffage en fente varie de 60 à 80%, pouvant atteindre 90% dans des conditions optimales. La qualité des greffons et les soins post-greffage influencent directement ce pourcentage.
Combien coûte le surgreffage de la vigne ?
Le surgreffage en prestation coûte entre 1,35 et 2,05 euros par pied, hors préparation et entretien. Cette solution reste moins chère qu’un arrachage-replantation estimé à 22 000 euros par hectare.
Pourquoi greffer la vigne sur porte-greffe américain ?
Le greffage sur porte-greffe américain protège contre le phylloxéra, insecte qui a détruit 70% de la production viticole française vers 1880. Cette pratique permet de cultiver des cépages européens tout en bénéficiant de la résistance des variétés américaines.