Créer une haie fruitière

Sommaire

La haie fruitière est une manière astucieuse de clôturer le jardin ou de faire des séparations. La haie d'arbustes à petits fruits (groseilliers, myrtilles, cassissiers, framboisiers...), souvent pratiquée près du potager, est assez simple à constituer mais on peut aller plus loin et créer de grandes haies en combinant arbres et arbustes fruitiers.

Voici pas à pas comment créer une haie fruitière.

Option 1 : Créez une haie de petits fruitiers

Les petits fruits sont des partenaires idéaux pour former des haies, orner le jardin et satisfaire la gourmandise des jardiniers en herbe. L'ajout d'une bordure d’aromatiques à son pied a pour effet de limiter le désherbage tout en évitant de concurrencer les racines des fruitiers, souvent superficielles.

Plantes recommandées pour une haie de 4 m de long, de taille moyenne (1 m à 1,20 m)

Choisissez :

  • 5 plants de groseilliers (ou de cassissiers) de 3 variétés différentes (introduire de la diversité n’apporte que des avantages), comme par exemple :
    • ‘London Market’, une variété vigoureuse à longues grappes rouges, à gros rendement, maturité à la mi-juillet étalée sur 3 semaines ;
    • ‘Versaillaise Blanche’, réputée pour sa saveur plus douce que les variétés à grains rouges, récolte à la mi-juillet, moins attractive pour les oiseaux ;
    • ‘Gloire des Sablons’, à grains roses très parfumés et sucrés, au port plus érigé et à récolte plus tardive fin juillet.

Bon à savoir : vous pouvez opter également pour des myrtilles (seulement si le sol est acide). Les framboisiers constituent un cas particulier, car ils exigent une taille spécifique pour remplacer les cannes qui ont fini de produire et un tuteurage adéquat.

  • 6 plants d'aromatiques comme :
    • Du thym (Thymus vulgaris, ou autres), incontournable en cuisine : il existe beaucoup d’espèces différentes, avec des feuillages plus ou moins gris, velus, des ports en boule ou carrément rampants, et des parfums divers. Il est reconnu que leur forte concentration en thymol exerce une action stimulante sur les plantes voisines et l’odeur forte du feuillage contrarie la ponte des insectes parasites. En revanche, les abeilles et bourdons apprécient le pollen de leurs fleurs. Attention, les thyms exigent le soleil et n’aiment pas les excès d’eau.
    • De la sarriette vivace (Satureja montana) : comme le thym, sa touffe dense aux feuilles larges vert franc forme un excellent couvre-sol à la longue. Ses petites fleurs blanches, s’étalant de juin à août, attirent les insectes pollinisateurs, tandis que l’odeur épicée de son feuillage repousse les fourmis et par voie de conséquence les pucerons. La sarriette annuelle (Satureja hortensis) possède une odeur plus forte mais nécessite d’être ressemée tous les ans. Ces fines herbes relèvent la saveur des légumes et des viandes.
    • De l’hysope (Hyssopus officinalis) : cette jolie aromatique émet de longs épis bleus, blancs ou roses entre juillet et septembre. Autrefois, sa présence au pied des treilles était supposée augmenter la récolte. Il est vrai que sa forte teneur en huile essentielle repousse les nuisibles comme la mouche du framboisier et les pucerons.

Préparez le terrain

Procédez ainsi :

  • Travaillez une bande de 4 m de long sur 1 m de large à l’aide d’une bêche ou d'une grelinette.
  • Installez un groseillier tous les mètres en creusant un trou de 40 cm de côté et de 30 cm de profondeur.
  • Ajoutez 2 pelletées de compost bien mûr au fond du trou et 2 poignées de corne broyée.

À noter : les cassissiers réclament un sol plus riche que les groseilliers. N’hésitez pas à enterrer leurs tiges de 5 cm afin qu’elles émettent de nouvelles racines. Apportez 10 l de compost par m² lors de la plantation, puis tous les 3 ans, à l’automne.

Complétez la plantation

Pour obtenir une belle haie fruitière, en bonne santé :

  • Répartissez 6 plants d’aromatiques tous les 30 cm (2 de chacune des espèces citées, placées devant et sur les côtés de la haie).
  • Pour rehausser l’éclat de la scène, alternez 4 vivaces à enracinement profond et dotées de teintes vives  comme le Coreopsis grandiflora, le bleuet des montagnes (Centaurea montana), et l'armoise pour les tons gris de son feuillage persistant. L’odeur forte (pas forcément agréable) du feuillage achèvera de repousser l’ennemi. On peut leur préférer des lavandes ou encore des santolines.
  • Rebouchez en tassant avec la main puis arrosez copieusement toute la bande.

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Pour l'entretien qui suit

Prenez les précautions suivantes :

  • Malgré les plantes couvre-sol, tous les 3 ans, ajoutez du compost en surface à l’automne en griffant légèrement la terre afin de continuer à nourrir le sol.
  • Opérez la taille des groseilliers en hiver.

Option 2 : Créez une haie fruitière combinant arbres et arbustes

La haie fruitière peut être une autre façon de concevoir un verger en plantant des fruitiers de haute tige ou demi-tige entrecoupés d'arbustes fruitiers, maintenus bas par une taille 2 fois par an.

Bon à savoir : sa diversité engendre le développement d'une faune auxiliaire importante, à condition de ne pas lui administrer de traitements phytosanitaires. Elle peut être utile au voisinage, comme d’autres arbres fruitiers plantés en isolé ou en verger, pour lutter contre les ravageurs. Des connections s'établissent au niveau des racines qui stimulent leur croissance.

Pour réussir cette association de végétaux, il est important :

  • de planter tous les fruitiers en même temps de manière à ce que leurs racines se développent harmonieusement ;
  • d'espacer les plants de 1 m, tout en prenant soin de distancer les arbres-tiges d'au moins 10 m et les demi-tiges de 3 m.

Les plants fruitiers recommandés

Toutes sortes de fruitiers peuvent intégrer la haie :

  • Les tiges et demi-tiges peuvent être constituées de pommiers, pommiers à fleurs, poiriers, cerisiers, pruniers, pêchers, abricotiers, néfliers, cognassiers, figuiers et aussi de noyers (davantage espacés). Leur plantation peut se faire sous forme de scions ou d'arbres déjà formés. La fructification intervient généralement au bout de 2-3 ans.
  • La strate arbustive peut se composer de noisetiers, cognassiers, néfliers, arbousiers, grenadiers, feijoas (climat doux) et d'espèces de fruitiers classiques greffés sur porte-greffes de faible vigueur : cerisiers acides greffé sur Maxma, pruniers ou abricotiers greffés sur Ferlenain, pommiers sur M9, poiriers sur cognassier de Provence, etc. La fructification reste faible, concentrée sur les faces, à cause du rabattage répété, mais l'intérêt est avant tout ornemental et écologique. Tous ces végétaux devront être maintenus dans un volume de 1 à 1,5 m³ pour ne pas gêner les arbres de haut jet (tiges et demi-tiges).

Réalisez un plan

Sur papier, tracez un schéma de plantation de manière à déterminer le nombre et le type de plants à fournir, sachant que tous les plants sont espacés de 1 m.

Préparez le terrain

Procédez ainsi :

  • Retournez le terrain à la bêche (réalisez un double-bêchage), voire au motoculteur.
  • Creusez un fossé à la mini-pelle mécanique ou bien travaillez la bande de terre à la grelinette si le sol n'est pas trop tassé.

Important : travaillez la bande en plein sur toute la longueur de la haie, sans vous contenter de creuser des trous.

  • Descendez sur au moins 40 cm de profondeur et travaillez sur une largeur de 1 m à 1,50 m en fonction de l'état du terrain autour (champ, route...).
  • Apportez de la fumure (phosphate et potassium) dans le fond de la fosse et du compost ou fumier décomposé mélangé à la terre afin de l’assouplir et de l'enrichir en azote.

Bon à savoir : si votre fumier n'est pas suffisamment composté, étalez-le en surface au contact de l'air de manière à ce qu'il finisse de se dégrader et ne brûle pas les racines. Si la terre est meuble et proche d’un pH de 7, faites simplement un apport de 100 g d’os broyé pour le phosphore et de 50 g de sang séché pour l’azote par brouette de terre.

Plantez la haie

  • Disposez vos plants en fonction du schéma établi. Servez-vous d'une pige (bâton) de 1 m pour reporter vos distances.
  • Sortez les plants de leur pot, démêlez les racines qui tournent et positionnez la base du tronc (collet) au ras du sol.
  • Rebouchez le fossé en prenant soin de ne pas enterrer le collet des plantes. L'idéal est de former une butte pour accélérer la croissance des racines puis d'étaler un paillis de type BRF d'au moins 10 cm pour assurer le maintien de la fraîcheur, de la fertilité et de la propreté du sol durant les premières années. Le film plastique est efficace mais laisse des bouts de plastique qui s'envolent et n'a pas d'effet fertilisant.
  • Arrosez copieusement pour chasser l'air.
  • Immédiatement après la plantation, rabattez à 1 m, au sécateur, les fruitiers destinés à rester bas.

Suite de l'entretien

Prenez les précautions suivantes :

  • Rabattez impérativement les arbustes 2 fois par an en fin d’hiver puis en début d’été, quand les vigoureuses pousses d’1 an sont développées, de façon à ce qu'ils ne concurrencent pas trop les arbres et restent sous leur couronne.
  • Opérez à la cisaille ou au taille-haie.

Important : le volume de chaque arbuste ne doit pas dépasser 1 à 1,5 m³. L'absence de taille risque de compromettre la dominance des arbres de haut jet destinés à produire, et ce de façon irrémédiable.

  • Poursuivez la formation des arbres tiges et demi-tiges si nécessaire.

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