En bref
- Le greffage constitue la méthode la plus fiable pour multiplier un abricotier avec un taux de réussite optimal
- Le bouturage reste possible mais présente un taux de réussite limité à 20-25% selon les conditions
- La période de multiplication varie selon la technique : automne pour les boutures aoûtées, été pour le greffage en écusson
- Le semis de noyaux produit des arbres différents de la plante mère en raison de la variabilité génétique
Le greffage : la méthode de multiplication la plus efficace
Le greffage représente la technique de référence pour multiplier un abricotier tout en conservant fidèlement les caractéristiques de la variété d’origine. Cette méthode de multiplication nécessite un porte-greffe adapté aux conditions de culture locales.
Les porte-greffes recommandés pour les abricotiers incluent le Mariana GF8/1, qui confère une vigueur forte à l’arbre, et le Torinel, privilégié pour sa vigueur plus modérée. Le choix du porte-greffe influence directement la résistance aux maladies et l’adaptation au sol du futur arbre fruitier.
La greffe en écusson se pratique durant l’été lorsque la sève circule activement dans les arbres. Cette période favorise la soudure entre le greffon et le porte-greffe, condition nécessaire au succès de la multiplication. Les techniques de greffage des arbres fruitiers demandent une certaine expérience pour obtenir des résultats satisfaisants.
Le bouturage de l’abricotier : une technique accessible mais délicate
Le bouturage constitue une alternative au greffage, bien que le taux de réussite reste modeste pour les abricotiers. Cette méthode de multiplication présente l’avantage d’être accessible aux jardiniers débutants sans nécessiter de matériel spécialisé.
La période optimale pour bouturer un abricotier se situe vers la Sainte Catherine, aux alentours du 25 novembre, lorsque la sève descend dans l’arbre. Il convient de sélectionner des rameaux aoûtés de 5 à 7 millimètres de diamètre, coupés juste sous un bourgeon pour favoriser l’enracinement.
La préparation des boutures nécessite quelques gestes précis. Il faut refendre légèrement la base du rameau et y insérer 2 à 3 grains de blé qui libèrent des hormones naturelles d’enracinement. Les boutures de 20 à 25 centimètres se plantent aux deux tiers de leur longueur dans un substrat composé de terreau de feuilles mélangé à du sable.
La technique « à l’étouffée » améliore les chances de réussite du bouturage. Une bouteille plastique coupée, posée sur la bouture, maintient l’humidité nécessaire au développement des racines. La plantation de l’abricotier issu de bouturage se réalise au printemps suivant, après l’apparition des premières racines.
Autres méthodes de multiplication des arbres fruitiers
Le semis de noyaux d’abricots représente une méthode simple mais imprévisible. Les arbres obtenus diffèrent généralement de la plante mère en raison de la pollinisation croisée naturelle. Cette technique convient davantage aux professionnels recherchant de nouvelles variétés ou produisant des porte-greffes.
Le marcottage, bien que mentionné pour certains fruitiers, reste peu documenté spécifiquement pour les abricotiers. Cette méthode de multiplication consiste à faire développer des racines sur une branche encore attachée à l’arbre mère avant de la sevrer.
La division de souches ne s’applique pas aux abricotiers mais concerne plutôt les petits fruits comme les framboisiers, cassissiers et groseilliers. Ces arbustes fruitiers se multiplient facilement par prélèvement d’éclats comprenant des bourgeons et des racines.
Conditions de réussite pour la multiplication
La réussite de la multiplication des abricotiers dépend de plusieurs facteurs environnementaux. Il faut privilégier des plants mères sains, vigoureux et productifs pour garantir la qualité des futurs arbres. Le choix de l’emplacement influence également le développement des jeunes plants.
Les boutures d’abricotier nécessitent une exposition protégée des vents froids, idéalement au pied d’un mur orienté nord-ouest. Cette situation offre une protection contre les rayons directs du soleil tout en maintenant une fraîcheur favorable à l’enracinement. L’entretien des arbres fruitiers commence dès la phase de multiplication.
La patience constitue un élément déterminant dans la multiplication de l’abricotier. Il convient d’éviter de manipuler les boutures une fois plantées et de laisser le temps agir naturellement. L’arrosage régulier maintient l’humidité du substrat sans créer d’excès d’eau préjudiciable aux jeunes racines.
Avantages et inconvénients des différentes techniques
Chaque méthode de multiplication présente des caractéristiques spécifiques qu’il convient d’évaluer selon les objectifs du jardinier. Le greffage garantit la fidélité variétale et une adaptation optimale grâce au porte-greffe, mais demande une expertise technique particulière.
Le bouturage séduit par sa simplicité et son coût réduit, mais le taux de réussite limité peut décourager les jardiniers novices. Les racines issues de boutures peuvent parfois présenter une adaptation moindre au sol comparativement aux arbres greffés sur des porte-greffes sélectionnés.
Le semis de noyaux offre la possibilité de découvrir de nouvelles variétés, mais la longue attente avant fructification et l’incertitude du résultat limitent son intérêt pour la plupart des jardiniers amateurs. La plantation d’arbres fruitiers issus de multiplication demande les mêmes soins que les plants achetés en pépinière.
FAQ
Quelle est la meilleure période pour multiplier un abricotier ?
La période optimale varie selon la méthode choisie. Le bouturage se pratique vers la fin novembre pour les rameaux aoûtés, tandis que le greffage en écusson se réalise en été. Le semis de noyaux peut se faire immédiatement après la consommation des fruits.
Combien de temps faut-il attendre avant d’obtenir des fruits ?
Les arbres issus de bouturage ou de greffage commencent généralement à produire au bout de 3 à 5 ans. Les semis de noyaux nécessitent une attente plus longue, souvent 5 à 8 ans avant la première fructification.
Peut-on multiplier tous les abricotiers par bouturage ?
Le bouturage fonctionne avec la plupart des variétés d’abricotiers, mais le taux de réussite varie considérablement. Certaines variétés se bouturent plus facilement que d’autres, d’où l’intérêt de tester plusieurs techniques simultanément.
Où se procurer des porte-greffes pour le greffage ?
Les associations de jardiniers spécialisées dans les fruitiers anciens proposent souvent des porte-greffes adaptés. Les pépiniéristes professionnels constituent également une source fiable pour obtenir du matériel de greffage de qualité.