En bref
- Deux périodes de bouturage : hiver sur bois sec et été sur bois semi-aoûté
- La reconnaissance du bois de l’année facilite la sélection des rameaux appropriés
- Un substrat drainant composé de terreau et de sable favorise l’enracinement
- Les jeunes plants se repiquent en pleine terre au printemps suivant
Reconnaître le bon type de bois pour bouturer un groseillier
Il est préférable de distinguer le bois de l’année du bois plus ancien avant de faire des boutures de groseillier. Les rameaux de l’année présentent une écorce lisse et brune avec des entrenœuds longs. Le bois plus vieux se caractérise par une écorce plus sombre et des entrenœuds courts. Cette différenciation guide le choix des tiges selon la période de bouturage envisagée.
Le cassissier se reconnaît à ses rameaux gris clair et ses bourgeons globuleux qui dégagent un parfum de cassis quand on les écrase. Le groseillier présente un bois plus foncé et moins régulier, sans odeur particulière. Ces caractéristiques aident à identifier les espèces lors de la sélection des boutures de ribes.
Le bouturage hivernal sur bois sec
La période hivernale, de décembre à février hors gel, convient parfaitement pour bouturer des groseilliers sur bois lignifié. Il faut sélectionner des rameaux sains et vigoureux de l’année précédente, longs de 30 à 40 centimètres. La coupe se fait proprement sous un œil, perpendiculairement au rameau.
Il est conseillé de supprimer les feuilles basses et de couper les feuilles restantes en deux pour limiter l’évaporation. L’étêtage de l’extrémité de la tige complète la préparation. La multiplication des arbustes fruitiers suit des principes similaires pour d’autres espèces.
La plantation s’effectue directement en pleine terre ou en pot rempli d’un mélange de terreau universel et de sable fin à parts égales. Les boutures s’enfoncent d’un tiers dans le substrat, avec un écartement de 10 centimètres entre elles. Un arrosage en pluie fine termine l’opération.
Astuce : la mise en jauge des boutures
Il est possible de regrouper les boutures de groseilliers en fagots et de les enterrer dans du sable ou de la terre travaillée à l’ombre. Cette technique de mise en jauge protège les boutures du froid et favorise la formation du cal cicatriciel. Au printemps, les boutures se repiquent en pépinière après avoir développé leurs premières racines.
Le bouturage estival sur bois semi-aoûté
La période estivale, de juin à septembre, permet de réaliser des boutures de groseillier sur bois semi-aoûté. Il faut choisir l’extrémité des rameaux de l’année, entre le stade herbacé et le stade lignifié. Les tiges mesurent 20 à 30 centimètres de longueur.
La préparation consiste à couper légèrement la partie haute et à conserver trois feuilles au sommet. Les feuilles du tiers inférieur se suppriment pour éviter la concurrence hydrique. Les techniques de bouturage herbacé partagent ces mêmes principes de préparation.
Le trempage de la base dans une hormone de bouturage reste optionnel mais peut faciliter l’enracinement. Une décoction maison s’obtient en laissant tremper des branches de saule dans l’eau de pluie pendant 24 à 48 heures. Cette solution naturelle stimule la formation des racines.
Conditions de culture des boutures estivales
Les pots se placent dans un endroit lumineux sans soleil direct, à l’ombre légère pendant 2 à 3 mois. Il faut maintenir le terreau légèrement humide sans excès pour éviter la pourriture des radicelles naissantes. Un coin ombragé, exposé au nord et à l’abri du vent, constitue l’emplacement idéal.
Les boutures passent l’hiver à développer leur système racinaire. Il est conseillé d’enterrer les pots pour éviter le dessèchement et de protéger les racines en cas de gel fort. L’arrosage se réduit ou s’arrête pendant les périodes de gel.
Le repiquage et la plantation définitive
Au printemps suivant, les jeunes pousses indiquent la reprise des boutures de groseilliers. Le repiquage s’effectue en pépinière ou directement en place selon la taille des plants. Il est préférable de choisir un sol léger, humide et bien drainé, en situation de mi-ombre ou de soleil.
L’écartement recommandé entre les groseilliers atteint 1 mètre à 1,20 mètre pour permettre un bon développement. L’ajout de compost mûr au pied des jeunes plants favorise leur installation. La multiplication par bouturage s’applique également à d’autres végétaux du jardin.
Une taille de formation après la plantation structure la future charpente de l’arbuste. Il faut prévoir un arrosage régulier pendant les deux premières années, particulièrement en cas de sécheresse ou de canicule. Les premiers fruits apparaissent généralement 2 à 3 ans après le bouturage.
Bon à savoir : les espèces concernées
Cette technique de multiplication fonctionne avec tous les ribes : groseillier à grappes aux baies rouges, roses ou blanches, groseillier à maquereau aux fruits plus gros et sucrés, cassissier aux baies noires parfumées, et casseillier, hybride entre groseillier et cassissier. Le groseillier à fleurs ou ribes sanguineum se bouture également selon la même méthode.
Conseils pratiques pour réussir les boutures
Il est important de désinfecter le sécateur à l’alcool à 90° avant chaque coupe pour éviter la transmission de maladies. Le choix d’un substrat léger, composé de terreau de semis et de sable fin, facilite l’enracinement. Les billes d’argile au fond des pots améliorent le drainage.
L’exposition joue un rôle déterminant dans la réussite du bouturage. Il faut éviter le plein soleil qui dessèche rapidement les boutures et privilégier une ombre légère. La réussite des boutures dépend largement de ces conditions environnementales.
La patience reste de mise car le développement des racines demande plusieurs mois. Il est conseillé de ne pas déranger les boutures pendant l’hiver et d’attendre les premiers signes de reprise au printemps. Cette méthode permet de renouveler les pieds vieillissants et d’étendre la culture des petits fruits dans le verger.
FAQ
Quand faut-il bouturer les groseilliers ?
Il faut bouturer les groseilliers en hiver de décembre à février sur bois sec, ou en été de juin à septembre sur bois semi-aoûté. Ces deux périodes offrent les meilleures conditions de reprise selon le type de bois utilisé.
Combien de temps faut-il pour obtenir des fruits après bouturage ?
Les premiers fruits apparaissent généralement 2 à 3 ans après le bouturage. Les jeunes plants ont besoin de ce délai pour développer leur système racinaire et leur charpente avant de produire des grappes de qualité.
Peut-on bouturer tous les types de groseilliers ?
Oui, cette technique fonctionne avec le groseillier à grappes, le groseillier à maquereau, le cassissier, le casseillier et le groseillier à fleurs. Tous les ribes se multiplient facilement par bouturage avec la même méthode.
Les hormones de bouturage sont-elles nécessaires ?
Les hormones de bouturage ne sont pas indispensables pour les groseilliers mais peuvent faciliter l’enracinement. Une décoction de saule dans l’eau de pluie constitue une alternative naturelle aux produits du commerce.