En bref
- Le figuier se bouture facilement toute l’année, avec une préférence pour la fin de l’hiver et l’automne.
- Trois techniques principales existent : la bouture à crossette, la bouture à l’étouffée et le bouturage dans l’eau.
- La méthode à crossette en novembre offre les meilleurs taux de réussite pour les débutants.
- Les boutures de figuier nécessitent un substrat drainant et une protection contre le froid les premières années.
Les périodes optimales pour bouturer un figuier
Le bouturage du figuier s’adapte à plusieurs périodes de l’année selon la technique choisie. La fin de l’hiver, entre février et mars, convient parfaitement aux boutures à l’étouffée et aux boutures dans l’eau. Cette période présente l’avantage d’un figuier encore sans feuilles et d’un froid qui diminue progressivement.
L’automne, particulièrement novembre après la chute des feuilles, constitue la période idéale pour réaliser des boutures à crossette. La sève redescend alors dans les racines, favorisant l’enracinement des nouvelles boutures de figuier. La bouture ligneuse profite de cette période de repos végétatif.
Le printemps, d’avril à juin, permet également le bouturage avec du bois jeune en croissance. Il faut alors surveiller attentivement l’arrosage et la protection contre les variations de température.
La bouture à crossette : la technique la plus fiable
La bouture à crossette représente la méthode la plus sûre pour bouturer des figuiers. Cette technique consiste à prélever un rameau latéral de 20 à 30 centimètres sur une branche de deux ans, en conservant une portion de la branche porteuse à la base.
Il faut d’abord désinfecter le sécateur avec de l’alcool à 90 degrés, puis couper le rameau en forme de T. La coupe s’effectue en biseau au-dessus d’un bourgeon pour faciliter l’écoulement de l’eau. Cette méthode de bouture nécessite ensuite un substrat composé uniquement de sable.
Les boutures de figuier se plantent dans des pots en enterrant la partie en T et en laissant seulement un ou deux bourgeons à l’air libre. L’exposition au nord permet une stratification naturelle pendant l’hiver, processus qui ramollit le bois et favorise l’apparition des racines.
Le bouturage à l’étouffée sous protection
La bouture à l’étouffée utilise une bouteille en plastique coupée en deux pour créer un effet de serre miniature. Cette technique convient particulièrement aux boutures de figuier prélevées en fin d’hiver sur des rameaux d’un an comportant 3 à 5 yeux.
Le substrat se compose d’un mélange équilibré de terreau, de compost et de sable pour assurer un bon drainage. Après avoir percé le fond de la bouteille pour l’évacuation de l’eau, il faut planter les boutures en n’enterrant que la moitié de leur longueur.
La partie supérieure de la bouteille, percée de quelques trous pour l’aération, maintient une humidité constante autour des boutures de figuier. Cette méthode de bouture herbacée nécessite un emplacement lumineux à une température d’environ 16 degrés.
Le bouturage dans l’eau : une méthode simple mais délicate
Le bouturage dans l’eau séduit par sa simplicité apparente mais demande des précautions particulières. Les rameaux de 10 centimètres se placent dans un verre d’eau claire, sans immerger les feuilles éventuelles.
L’eau nécessite un renouvellement régulier dès qu’elle jaunit, ou l’ajout d’un morceau de charbon pour éviter la formation de moisissures. Les racines apparaissent généralement au bout de 4 à 5 semaines sur les boutures de figuier.
Le repiquage constitue l’étape la plus délicate car les racines formées dans l’eau restent fragiles. Il faut utiliser un substrat très léger et manipuler les jeunes plants avec précaution. Cette technique de bouturage convient mieux aux jardiniers expérimentés.
La préparation et l’entretien des boutures
La préparation des boutures de figuier commence par la sélection de rameaux sains et vigoureux. Il faut éviter les pousses gelées après un hiver rigoureux et privilégier les branches de l’année précédente pour limiter les risques de pourrissement.
La coupe s’effectue toujours en biseau pour favoriser l’écoulement de l’eau de pluie et éviter la stagnation. Chaque bouture doit comporter entre 3 et 5 yeux, répartis sur une longueur de 15 à 25 centimètres selon la technique choisie.
L’utilisation d’hormones de bouturage reste facultative mais peut améliorer le taux de réussite. L’eau de saule constitue une alternative naturelle intéressante : elle s’obtient en laissant tremper des branches de saule dans l’eau pendant trois semaines. Cette variété de figuier répond bien à ce traitement naturel.
Les soins après l’enracinement
Les jeunes plants de figuier issus du bouturage demandent une attention particulière les premières années. Il faut les protéger des gelées fortes et des vents desséchants, surtout lorsqu’ils restent en pot.
Le rempotage s’effectue généralement à l’automne suivant le bouturage ou au printemps d’après, selon le développement du système racinaire. Un mélange de terreau et de terre de jardin convient pour cette étape de croissance.
La plantation définitive au jardin peut attendre 1 à 3 ans selon la vigueur du jeune figuier. Il faut compter 4 à 5 ans avant d’obtenir les premières figues, ce qui demande de la patience mais garantit des arbres fruitiers bien adaptés au terrain.
Les erreurs à éviter lors du bouturage
Plusieurs erreurs peuvent compromettre le succès du bouturage du figuier. L’utilisation d’un sécateur mal affûté ou non désinfecté favorise l’entrée de maladies dans les tissus de la plante.
Un substrat trop lourd ou mal drainé provoque souvent le pourrissement des boutures de figuier avant l’apparition des racines. Il faut également éviter les excès d’arrosage qui maintiennent une humidité excessive autour des tiges.
La plantation trop précoce à l’extérieur expose les jeunes boutures aux gelées tardives. Il vaut mieux attendre que les températures nocturnes dépassent durablement 12 à 13 degrés avant de sortir les plants. Cette technique de multiplication nécessite de respecter le rythme de développement de chaque bouture.
FAQ
Peut-on bouturer un figuier toute l’année ?
Le bouturage du figuier reste possible toute l’année mais les périodes de fin d’hiver et d’automne offrent les meilleures chances de réussite. Il faut éviter les périodes de gel intense qui compromettent l’enracinement.
Combien de temps faut-il pour qu’une bouture de figuier s’enracine ?
L’enracinement des boutures de figuier demande généralement 4 à 8 semaines selon la technique utilisée et les conditions de culture. La bouture à crossette nécessite une stratification hivernale complète.
Faut-il utiliser des hormones de bouturage pour un figuier ?
Les hormones de bouturage ne sont pas indispensables car le figuier s’enracine facilement de façon naturelle. L’eau de saule constitue une alternative biologique qui améliore le taux de réussite.
Quand planter définitivement une bouture de figuier enracinée ?
La plantation définitive s’effectue après 1 à 3 ans de culture en pot, lorsque le système racinaire est bien développé. Il faut attendre la fin des gelées et choisir un emplacement ensoleillé et abrité.